Beaucoup d'entre vous critiquent ce jeune homme pour ses généralisations et ses clichés. Faut pas oublier qu'il a 15 ans. En général à cet âge là, on est peu à nuancer nos propos et à essayer d'être objectifs.
Il se pose des questions c'est normal, et il se trouve ses propres réponses. C'est pour ça qu'on est là pour débattre. Tant mieux si on arrive à lui apporter des éléments de réponses, mais n'allons pas critiquer tout son mode de pensée non plus.
Ainsi, ma réponse risque ne pas être objective non plus vu le regard pessimiste que je porte sur le monde. Mais je vais tâcher de.
Pour commencer, je vais reprendre ma chère Alice: Ce n'est pas le monde qui a un problème, c'est l'humanité, c'est nous.
Nous vivons actuellement dans une ère florissante pour la technologie, et il faut comprendre que ça puisse monter à la tête des gens qui n'en demandaient pas tant. En l'espace de quelques années, disons à peine 20 ans, on s'est retrouvés à utiliser des choses de plus en plus "complexes" (dans leur mode de fonctionnement) et qui pourtant nous facilitent la vie.
N'est-ce pas ce que l'Homme a toujours recherché finalement? Se faciliter la vie?
Alors j'imagine que pour beaucoup, le progrès c'est ça, la création de machines en tout genre qui vont venir nous faciliter la vie. Oui certains n'hésiteront pas à dire que comparé à l'époque de nos arrières grand parents, (et même de celle de nos parents finalement), il y a eu un progrès énorme en terme de mode de vie.
Si avant il fallait faire plusieurs kilomètres à pieds pour aller acheter à manger, ou bien envoyer une lettre pour avoir des nouvelles de quelqu'un, aujourd'hui le "progrès" fait que l'on met un temps infime pour aller faire ses courses et entretenir le contact avec quelqu'un d'éloigné.
Bien évidement nous ne cracherons pas sur ces choses là. Oui la technologie doit servir à nous faciliter la vie. A condition que l'on y mette des limites.
Dans ce genre de débats sur le progrès, j'ai tendance à penser au dessin animé "Wall-E". Oui j'ai tendance à penser qu'à force de faciliter, faciliter, et faciliter, on en viendra à de l'assistanat pur et dur à se retrouver vautrés et obèses sur des sortes de fauteuils ultra-technologiques.
Le plus dur est de se dire que le progrès dans son sens actuel du terme, amène inévitablement à la pénurie et bientôt à la disparition de nos ressources naturelles (pétrole, gaz, eau, nourriture etc...). L'on a pas forcement conscience des conséquences du progrès actuel. De tout ce qu'il faut pour créer la technologie actuelle. Ça commence par le forage des zones naturelles pour aller chercher du pétrole (entre nous, le pétrole se forme grâce à des millions d'années de changements et de forces naturelles dans les tréfonds de notre planète), à la surexploitation (RIP la mer d'Aral, disparue en l'espace de 50 ans au profit d'une production en masse de coton
http://idata.over-blog.com/4/23/42/31/wiki2/zeedds-copie-1.PNG).Et encore, je n'ai pas parlé des conséquences humaines, c'est à dire surexploitation de certaines populations pour créer cette fameuse technologie, populations payées à coups de lance-pierre, vivant dans des conditions drastiques qui vont avoir dans leurs mains, des produits valant des fortunes et qui n'ont pourtant couté pas grand chose lors de la production (énorme pensée pour le dernier joujou d'Apple).
Non, je ne peux m'empêcher de penser que la technologie actuelle creuse de plus en plus un fossé grandissant entre populations aisées et non-aisées, entre les populations consommatrices et productrices. En bref, un fossé de classes sociales et de civilisations.
En plus de cela, cette nouvelle technologie tend à nous éloigner les uns les autres. Si le contact se fait bien plus rapidement aujourd'hui, il ne devient que de plus en plus virtuel. Par cela, je reprendrais l'image utilisée par MuuuD, parfaitement représentative dans une autre époque:
http://ivillageau.s3.amazonaws.com/wp-content/uploads/files/tumblr_mwxnqcSKda1qewacoo1_500.jpgMettez-y des smartphones à la place des journaux.
J'ai l'impression que l'on cherche de moins en moins de proximité avec ceux qui nous entourent.
Un exemple bête: Il y a deux ans, je suis arrivée dans une nouvelle école avec très peu d'élèves, au moment de la pause, je me suis sentie bien seule, n'ayant pas de smartphone et voyant tous mes nouveaux camarades sur le leur, n'essayant même pas de faire connaissance. Si le lien s'est fait à partir de plusieurs jours, c'est quasi uniquement grâce aux cours que nous avions ensemble, c'est à dire dans une salle de classe où le téléphone est interdit.
C'est ce genre de chose qui me fait de plus en plus flipper. Avoir de moins en moins de contacts.
Parallèlement, il existe une très forte communauté virtuelle sur le net, comme sur le site de Chapatiz par exemple, ou il nous est possible de dialoguer avec des personnes qui sont physiquement très éloignées de nous (ici par exemple, français, belges, québécois et parfois plus, se côtoient).
Le problème n'est donc pas le monde, mais bel et bien nous qui ne savons plus utiliser la technologie raisonnablement. On nous gave de belles images, de nouveautés qu'il faut avoir au risque de passer pour un/e has-been, on nous crée des désirs et des besoins (là je vous ramènerai à la splendide chanson d'Alain Souchon "Foule sentimentale"
http://www.youtube.com/watch?v=fw6E2PqUfuc) dont on a pas forcement besoin, mais dont on croit qu'on a besoin. En réalité, qui a vraiment besoin du dernier smartphone? Qui a besoin d'être toujours connecté à internet peu importe où il se trouve? Qui a absolument besoin de prendre sa voiture pour n'importe quel déplacement? Qui a besoin d'acheter les dernières fringues à la mode?
C'est nos habitudes qu'il faut changer si l'on veut changer le monde dans lequel nous vivons. Le changement commence dans la perte de nos habitudes.
On croit avoir besoin de tout ce confort matérialiste, on croit avoir besoin d'être intégrés dans notre société, mais c'est faux. Offrez-moi une tente, un feu de camp et quelques amis, et je serais heureuse. C'est pour dire, entourée de toutes ces choses, tous ces prétendus désirs, je ne me sens pas heureuse. Mais quand je pars en camping sauvage avec des amis, je suis au meilleur de ma forme, je me sens pleinement heureuse!
Bien sûr nous ne sommes pas tous pareils. Mais le monde est tel que nous l'avons construit, et tel que nous le fabriquons aujourd'hui. Si nous continuons à toujours vouloir acheter les dernières choses à la mode, à consommer et sur-consommer, alors n'espérons aucun changement, n'espérons pas la fin de la guerre pétrolière et nucléaire, n'espérons pas la fin de cette guerre économique qui creuse des fossés immenses entre riches et pauvres.
Merci à ceux qui auront tout lu.