Mittens a écrit :Le seul moyen de remédier aux problèmes d'intolérance et de moqueries, c'est l'éducation. C'est aux adultes d'apprendre la tolérance et le respect aux enfants. Tenter de masquer les inégalités sociales en grappillant sur les libertés individuelles n'est pas une solution, l'uniforme ne fait que déplacer le problème selon moi.
Je suis d'accord avec ça. Je remplacerai néanmoins le terme "adulte" par "parent". C'est une précision qui semble bénigne mais trop d'adultes ont confié l'éducation de leurs propres enfants aux professeurs. Mais oui l'éducation c'est le ciment d'une bonne société.
Rlrlr a écrit :Tout d'abord, l'uniforme étymologiquement, c'est "l'UNI"forme. Cela sous-entend proposer à des personne une uniformité, croyez moi cela est bien loin de la société actuelle. Car allons plus loin : proposons des établissements pour personnes uniquement "blanches", "noires", "jaunes". Cela va dans le sens de l'uniformité et c'est bien contraire aux principes fondateurs de la France qui je le rappelle depuis des évènements comme la Révolution Française ou bien avant, proposent une osmose des classes sociales par la différence sur des principes communs.
Dès lors, il est peu flatteur de proposer un uniforme et s'en servir d'un prétexte d'entente entre les élèves.
A la différence notable qu'il ne s'agit pas de critères ethniques. La comparaison avec des écoles "blanches", "noires" ou "jaunes" me paraît dès lors inappropriée et ne fait pas l'objet du débat.
Je crois que les institutions ont beaucoup uniformisé de choses dans un élan de bonnes intentions. Ce n'est pas faire obstacle à la Révolution Française que de vouloir, dans certains cas un besoin d'uniformité. Le collège unique par exemple, comme l'uniforme prône une certaine unité pour l'égalité des chances.
Rlrlr a écrit :Et puis, ne nous le désavouons pas : les habits ne forment pas de hiérarchie sociale. Dans le lycée dans lequel j'étais, public de surcroît, nous étions près de 2200 élèves. Pas d'uniforme, une diversité sociale et culturelle. Et le plus important, pas de hiérarchie ou de problème lié à quelconque habit n'ont été organisé.
Je suis partiellement en désaccord avec ce que tu avances.
Certes, les habits ne sont pas forcément révélateurs d'une hiérarchie sociale, j'avançais d'ailleurs ce propos lors de ma première intervention. Néanmoins elle peut l'être, comme elle peut être révélateur d'une certaine éducation par les parents. Des parents aisés ou non peuvent tout à fait refuser d'acheter tel ou tel vêtement à leur progéniture, quand des parents bien moins fortunés se sacrifieront pour le paraître.
Au-delà de ce problème social, tu parles d'un lycée. Je ne suis pas favorable au port de l'uniforme dans les lycées, car la maturité dans ces établissements semblent suffisante au respect d'autrui et des différences. Je n'ai pas souvent connu des discriminations liées au paraître (ou même tout court) dans le lycée public que j'ai pu fréquenter. Néanmoins, et je me répète, à l'école primaire je vois certains enfants venir tous les jours avec les mêmes habits, et j'entends parfois dans les rangs d'autres enfants se questionner "Hé t'as vu machin il se lave même pas il a les mêmes habits tous les jours". J'ai également dans ma classe deux enfants très pauvres qui viennent parfois avec des moitiés de vêtements, je dis bien des moitiés de vêtements, des jeans troués au possible, des t-shirts auxquels ils manquent des manches... Et cela clive vachement les enfants, il y a qu'on le veuille ou non cette exclusion dans la cour de récréation face à ces enfants là sur le problème de l'accoutrement.
J'ai simplement pris la peine de citer les parties de l'argumentation avec lesquelles je n'étais pas spécialement d'accord. Le reste de vos interventions (Mittens, Cacahuet, Rlrlr) est pertinent à mes yeux et change mon regard sur le port de l'uniforme. J'apprécie particulièrement la visée économique que vous avez pu faire le port de l'uniforme, chose que j'avais omise pour ma part. Je suis assez partagé sur la question, les points négatifs et positifs ont tous autant de poids les uns que les autres.