Le changement d'heure a été instauré en France en 1976 à la suite du choc pétrolier de 1973-1974, l'idée étant principalement de faire correspondre heures d'activité et heures d'ensoleillement pour limiter l'utilisation de l'éclairage artificiel, l'électricité étant alors largement produite à partir de centrales au fuel lourd. Le dispositif continue à avoir ses détracteurs, qui mettent notamment en avant une perturbation des rythmes biologiques, des activités agricoles, etc..
Mais quel est encore aujourd'hui l'impact d'une telle mesure? Le contexte a bien changé. A l'époque, on était en plein choc pétrolier. Aujourd'hui, on est en plein risque de black-out électrique.
Selon le professeur Walter Hecq, du Centre d'études économiques et sociales de l'environnement (CEESE) de l'Université libre de Bruxelles (ULB), le décalage horaire est une mesure de moins en moins pertinente. "En 1977, lorsque l'on a instauré l'heure d'été, l'idée était de réduire la consommation par le biais de l'éclairage. Avec l'arrivée des ampoules à basse consommation, l'impact de la mesure est de moins en moins important," expliquait-il.
En 1991 déjà, le professeur avait mené une étude sur l'impact du décalage horaire sur la consommation d'énergie. Et il était déjà arrivé à la même conclusion. "Les gains énergétiques étaient déjà minimes, moins de 1%. Et ils se réduisent inexorablement. Une étude allemande a révélé récemment que le décalage horaire n'avait strictement aucun impact sur la consommation", poursuit le professeur. "Cette étude avait traité globalement la question de la consommation d'électricité en prenant en compte les entreprises, les écoles, etc. Et l'impact de la mesure était quasi nul."
Selon Walter Hecq, toutes les études concordent, "le décalage horaire n'est pertinent nulle part". "Et avec le changement climatique annoncé, il est même possible que cet impact devienne négatif", prévient le professeur. "Aux Etats-Unis, on a constaté une explosion de la consommation d'électricité en début d'après-midi à cause de l'utilisation intensive de la climatisation au moment le plus chaud de la journée."
Une décision "européenne"
Le décalage peut-il cependant se révéler utile pour éviter un black-out cet hiver? "Au vu de son impact minime sur la consommation d'électricité, c'est quasi hors-sujet", estime le professeur.
La ministre de l'Énergie Marie-Christine Marghem avait confirmé l'année dernière les propos du professeur Hecq. "Le changement d'heure n'a pas d'impact sur la consommation d'électricité. Cela a été également confirmé par une étude du SPF Économie. Le changement d'heure déplace simplement la consommation d'électricité une heure plus tôt ou une heure plus tard." Par ailleurs, le cabinet a rappelé que la décision de changer l'heure deux fois par an était prise à l'échelon européen.
Cordialement.
BlackSide
S.L.