Je vais essayer de lancer ce débat intéressant, bien qu'un peu vide pour une introduction.
On va commencer par regarder une définition de dictionnaire :
chef-d’œuvre
n. m.
(pl. chefs-d'œuvre)
PrononciationLa lettre f est muette, [ʃɛdœvr]
Œuvre capitale, d'une grande beauté. Ces sculptures de Michel-Ange et de Rodin sont des chefs-d’œuvre.
Je pense cependant qu'on utilise mal le terme de chef-d'oeuvre dans le quotidien. Si le dictionnaire introduit le terme comme une production qui se distingue de l'ordinaire, elle a partiellement raison comme partiellement tord.
Un chef, c'est quelque chose qui mène, mais aussi qui introduit. Il y a à ce titre des "chefs de file" de courants littéraires ou artistiques et c'est en ce sens et uniquement en ce sens qu'on devrait considérer le chef-d'oeuvre. C'est à dire comme une oeuvre conductrice/guide d'un apport spécifique, d'un courant spécifique, d'une technique particulière au sein d'un art (politique, arts, littérature, etc..).
Il y a en outre une ambivalence dans le terme de "chef-d'oeuvre". On considère dans le jargon commun une chose extraordinaire au sens qu'elle ne peut être égalée. Or, en art si on observe les courants, on observe des inspirations/des copies de certains artistes d'oeuvres et d'autres artistes dans le but justement de faire évoluer les pratiques. Et c'est là le "hic", une chose demeure-t-elle inégalable/extraordinaire/chef-d'oeuvre si elle n'est plus "chef" d'un oeuvre, si elle est a priori égalable et si elle est dépassée par d'autres courants, par de nouveaux "chefs".